Les relances partent quand quelqu’un y pense.
C’est-à-dire en fin de mois, après la clôture, quand la trésorerie rappelle qu’elles existent. Et comme relancer un client demande du courage autant que du temps, elles passent après le reste.
Ce guide décrit comment une relance part seule, à la bonne date, sur le bon ton. Et surtout comment elle s’arrête quand le client a payé. Il commence par une question que peu de prestataires posent : votre outil de facturation sait-il déjà le faire ?
Que dit la loi avant la première relance ?
Entre professionnels, une facture se paie à 30 jours après la livraison ou la prestation, sauf clause contraire. Le délai convenu ne peut pas dépasser 60 jours après l’émission, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit, selon l’article L441-10 du Code de commerce.
Passé l’échéance, deux droits s’ouvrent sans que vous ayez rien à envoyer.
- Les pénalités de retard, exigibles « sans qu’un rappel soit nécessaire ». Leur taux ne peut pas être inférieur à trois fois le taux d’intérêt légal. Sans taux écrit au contrat, c’est celui de la BCE majoré de 10 points.
- L’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, fixée par l’article D441-5. Elle s’applique une fois par facture.
Le délai de paiement et l’indemnité de 40 € doivent figurer sur la facture. Les pénalités et leurs conditions vont dans vos conditions générales de vente, rappelle Service Public Entreprendre. Si votre modèle ne les porte pas, c’est la première chose à corriger, avant toute automatisation.
Dernier point, souvent mal compris : selon la fiche officielle sur le recouvrement amiable, la relance n’est pas une étape obligatoire. Elle sert à être payé, pas à ouvrir un droit.
Combien coûtent les retards à une PME ?
Treize milliards d’euros de trésorerie, en France. C’est ce dont les PME et les microentreprises auraient disposé sans retards de paiement, selon le rapport 2025 de l’Observatoire des délais de paiement, publié par la Banque de France en septembre 2026. Le retard moyen y atteint 13,4 jours.
Le risque dépasse la trésorerie. En 2020, une étude de la Banque de France a mesuré que subir des retards clients augmente de 25 % la probabilité de défaillance d’une entreprise. Au-delà d’un mois de retard, c’est 40 % (Bulletin de la Banque de France n° 227).
Chez vous, le chiffre qui compte est plus simple à obtenir : combien de factures dépassent leur échéance chaque mois ? Combien de temps quelqu’un passe-t-il à les relancer ? Si la réponse tient en trois factures et dix minutes, n’automatisez rien.
Votre outil de facturation sait-il déjà relancer ?
Très souvent, oui. C’est la première chose à vérifier, avant de construire quoi que ce soit.
Pennylane propose des séquences de relance sur ses offres Essentiel et Premium, selon son centre d’aide, mis à jour en septembre 2026. On les crée dans Paramètres, Facturation clients, onglet Relance d’impayés. On y règle le premier envoi, l’intervalle, la durée et le modèle d’e-mail. Les relances cessent dès que la facture est payée. Chaque étape peut aussi attendre une validation humaine avant de partir.
Qonto propose la relance en un clic dans son offre gratuite. La relance automatique demande le module Facturation Automatisée, à 12 € HT par mois selon sa grille tarifaire.
Si vos factures partent de l’un de ces deux outils, activez la séquence native. Elle connaît déjà le statut de paiement, ce qui règle le problème le plus délicat. On vous le dira aussi au premier appel.
Quand construire sa propre séquence ?
Quand l’outil de facturation ne voit pas ce qui compte pour décider d’une relance. Quatre cas reviennent dans nos missions.
| Situation | Ce que l’outil natif ne sait pas |
|---|---|
| Les factures partent d’un ERP ou d’un outil métier | il n’a ni les factures ni leur statut |
| Un litige est ouvert dans le CRM | il relance un client qui conteste |
| Le client est un compte stratégique | il lui écrit sur le même ton qu’aux autres |
| Plusieurs sociétés facturent le même client | il relance chaque entité séparément |
Le deuxième cas est le plus fréquent. C’est aussi le plus coûteux. Une relance automatique envoyée pendant une négociation commerciale abîme davantage la relation que le retard lui-même.
Construire, ici, veut dire relier : les factures et leur statut d’un côté, le contexte client du CRM de l’autre. Entre les deux, une règle qui décide. C’est la brique facturation de notre offre.
Étape 1 : écrire la séquence
Commencez par la séquence sur papier. Chaque ligne dit quand le message part, ce qu’il dit et qui le signe. Voici celle qu’on met en place le plus souvent, à ajuster à vos délais et à votre clientèle.
| Moment | Message | Envoyé par |
|---|---|---|
| 3 jours avant l’échéance | rappel courtois, facture jointe | le système |
| Lendemain de l’échéance | la facture est due, lien de paiement | le système |
| 10 jours après | seconde relance, rappel des pénalités | le système |
| 20 jours après | appel téléphonique | une tâche pour un humain |
| 30 jours après | mise en demeure | un humain, après validation |
Le rappel avant l’échéance surprend toujours. C’est pourtant le message qui rapporte le plus : il arrive avant que le retard existe, quand personne n’a encore à se justifier.
Écrivez aussi les exceptions. Un seuil de montant sous lequel on ne relance pas, une liste de clients relancés à la main, une règle pour les paiements partiels. Le cas normal s’écrit en une heure. Ce sont les exceptions qui prennent du temps.
Étape 2 : comment la séquence sait-elle que le client a payé ?
En interrogeant le statut de la facture juste avant chaque envoi. Pas une fois par jour, pas la veille : juste avant. C’est la condition d’arrêt. C’est elle qui distingue une relance utile d’une relance gênante.
L’API Pennylane renvoie pour chaque facture client un statut (paid, partially_paid, late…) et le montant restant dû, selon sa documentation. L’API de Qonto fait de même avec ses statuts unpaid et paid, la date de paiement et le montant réglé (documentation Qonto).
Un détail technique décide de l’architecture. Les webhooks de Pennylane sont encore en bêta. Sa documentation ne décrit aucun événement « facture payée ». Personne ne vous prévient du paiement : il faut aller le chercher.
Deux cas demandent une règle écrite :
- le paiement partiel : la relance continue, mais sur le montant restant ;
- le litige : un champ dans le CRM met la séquence en pause, sans la supprimer.
Étape 3 : quels outils brancher ?
Un outil d’automatisation suffit pour la plupart des PME. Make dispose d’une application Qonto qui surveille les nouvelles transactions et liste les factures clients, selon son catalogue. Son application Pennylane V2 crée et lit les factures, mais n’a pas de déclencheur : le scénario tourne donc à heure fixe (catalogue Make).
n8n n’a pas de nœud Pennylane natif. On passe par un appel HTTP à l’API, ce qui marche très bien mais demande de lire la documentation. Le choix entre les deux est détaillé dans notre comparatif n8n et Make.
Côté envoi, faites partir les relances de votre propre boîte, celle de la comptabilité. Le client répond à une personne, pas à une adresse « ne pas répondre ». Et gardez un journal de chaque message envoyé, rattaché à la facture : c’est votre preuve si le dossier part au contentieux.
Toutes ces briques de messages relèvent des e-mails et notifications automatiques, la même mécanique qui envoie un rappel de rendez-vous ou un avis d’étape.
Étape 4 : quand passer la main à un humain ?
Dès qu’il faut décrocher le téléphone. Et toujours pour la mise en demeure. L’automatisation tient les deux ou trois premiers messages. Au-delà, le client a une raison de ne pas payer. Seule une personne peut l’entendre.
Le système ne disparaît pas pour autant. À J+20, il crée une tâche d’appel dans le CRM, avec l’historique des relances. À J+30, il prépare le brouillon de mise en demeure, qu’un humain relit et envoie en recommandé. Selon Service Public Entreprendre, elle doit être rédigée dans des termes « suffisamment clairs et formels ».
Si l’amiable échoue, la voie classique reste l’injonction de payer. Une procédure simplifiée de recouvrement des créances commerciales non contestées, confiée au commissaire de justice et sans seuil de montant, a été votée par la loi du 23 avril 2026 (Service Public Entreprendre). Vérifiez qu’elle est entrée en vigueur avant de vous en servir : un décret doit en fixer les modalités.
Ce que change la facture électronique
Le paiement va devenir une donnée de la facture elle-même. Le cycle de vie des factures électroniques compte quatre statuts obligatoires, dont Encaissée, qui porte les données de paiement. C’est l’émetteur qui le pose, pour les prestations de services, selon l’article 41 septies G de l’annexe IV du CGI.
Toutes les entreprises reçoivent des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026. Les PME devront en émettre au plus tard le 1er septembre 2027, selon impots.gouv.fr.
Conséquence pratique : le rapprochement des paiements que votre séquence de relance demande est le même que celui que la réforme impose pour déclarer vos encaissements. Construire l’un prépare l’autre.
Combien de temps et combien ça coûte ?
La séquence native se paramètre dans votre outil de facturation : quelques réglages, un modèle d’e-mail. Chez Qonto, ajoutez le module à 12 € HT par mois.
Une séquence branchée sur le CRM s’inscrit en général dans un chantier de facturation plus large. Sur nos projets, il dure six semaines, dont deux à écrire les règles et leurs exceptions. La relance arrive en dernier, la sixième semaine, une fois que l’émission et le rapprochement tournent.
Pour savoir si le temps rendu justifie le chantier, le calculateur de ROI d’automatisation fait le calcul sur vos propres volumes.
En bref
Une relance automatique ne vaut que par sa condition d’arrêt. Le reste se règle en une heure.
Vérifiez d’abord votre outil : Pennylane et Qonto relancent déjà. Ils connaissent le statut de paiement. Construisez seulement quand il manque le contexte du CRM, un litige, un compte sensible, plusieurs sociétés.
Chez Bienfait, on écrit la séquence avec vous, on la branche sur vos données. Un humain garde l’appel et la mise en demeure. Si vos relances tiennent en dix minutes par mois, on vous dira de ne rien changer. Le chantier d’ensemble est dans notre guide pour automatiser les processus d’une PME.
Combien de vos factures ont dépassé leur échéance ce mois-ci, sans que personne le sache ?
Les sources
13 références
Les faits de cet article viennent des sources suivantes, consultées le 27 octobre 2026.
- Légifrance, Code de commerce, article L441-10. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038414392
- Légifrance, Code de commerce, article D441-5. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043197457
- Service Public Entreprendre, Délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard. https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23211
- Service Public Entreprendre, Recouvrement amiable : relance et mise en demeure de payer. https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F38586
- Service Public Entreprendre, actualité du 27 avril 2026 sur la procédure simplifiée de recouvrement. https://entreprendre.service-public.gouv.fr/actualites/A18889
- Banque de France, Le rapport annuel 2025 de l’Observatoire des délais de paiement, septembre 2026. https://www.banque-france.fr/fr/communiques-de-presse/le-rapport-annuel-2025-de-lobservatoire-des-delais-de-paiement-des-resultats-contrastes-selon-les
- Banque de France, Bulletin n° 227, Les retards de paiement des clients impactent-ils la probabilité de défaillance des entreprises ?, février 2020. https://publications.banque-france.fr/les-retards-de-paiement-des-clients-impactent-ils-la-probabilite-de-defaillance-des-entreprises
- Pennylane, Relancer des clients automatiquement, centre d’aide. https://help.pennylane.com/fr/articles/18691-relancer-des-clients-automatiquement
- Pennylane, documentation de l’API v2, factures clients et webhooks. https://pennylane.readme.io/reference/getcustomerinvoices et https://pennylane.readme.io/docs/webhooks
- Qonto, tarifs et documentation de l’API, factures clients. https://qonto.com/fr/pricing et https://docs.qonto.com/api-reference/business-api/expense-management/client-quotes-notes/client-invoices/list-client-invoices
- Make, applications Qonto et Pennylane V2. https://apps.make.com/qonto et https://apps.make.com/pennylane-v2
- Légifrance, CGI, annexe IV, article 41 septies G. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006069576/LEGISCTA000046386156/2026-08-12/
- impots.gouv.fr, Je découvre la facturation électronique. https://www.impots.gouv.fr/professionnel/je-decouvre-la-facturation-electronique
Une relance oubliée coûte quelques jours de trésorerie. Une relance envoyée à un client qui a payé la veille coûte sa confiance. La séquence se règle en une heure. Ce qui demande du soin, c'est la condition qui l'arrête, vérifiée juste avant chaque envoi.
Une relance automatique ne vaut que par sa condition d'arrêt. Le reste se règle en une heure.
Questions fréquentes
Comment automatiser la relance des factures impayées ?
En partant de vos factures émises et de leur statut de paiement. Une séquence écrite à l'avance part à chaque échéance dépassée : rappel, relance, appel, mise en demeure. Elle vérifie juste avant chaque envoi que la facture est toujours due, puis s'arrête dès que le paiement est rapproché.
Pennylane relance-t-il les factures automatiquement ?
Oui, sur les offres Essentiel et Premium. Une séquence se crée dans Paramètres, Facturation clients, onglet Relance d'impayés. Les e-mails cessent dès que la facture est payée. Chaque étape peut aussi attendre une validation humaine. Si vous facturez dans Pennylane, commencez par là.
Quel délai de paiement s'applique entre entreprises ?
Trente jours après la réception de la marchandise ou l'exécution de la prestation, sans clause contraire. Le délai convenu ne peut pas dépasser 60 jours après l'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit, selon l'article L441-10 du Code de commerce.
Faut-il envoyer une relance avant de réclamer des pénalités ?
Non. Les pénalités de retard sont exigibles sans qu'un rappel soit nécessaire. Chaque facture payée en retard ouvre aussi droit à une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement. La relance n'est pas une étape obligatoire du recouvrement : elle sert à être payé, pas à ouvrir un droit.
Quand faut-il passer la main à un humain ?
Dès qu'un appel est utile. Et toujours pour la mise en demeure. Une séquence automatique tient les deux ou trois premiers messages. Le coup de fil, le litige et la lettre recommandée demandent quelqu'un qui connaît le client. L'outil crée la tâche, il ne la remplace pas.