Safran Charlevoix, l’épice du bonheur au goût insulaire

Avec ses vergers de pommiers, pruniers, cerisiers et poiriers, la culture fruitière se porte bien à l’Isle-aux-Coudres. Ce qu’on sait moins, c’est qu’une jolie petite fleur mauve, le crocus sativus, s’épanouit aussi sur son sol.

crédit : Safran Charlevoix

Du safran, cette épice méditerranéenne la plus chère au monde, pousse ici, au milieu du Saint-Laurent? Un pari étonnant tenu haut la main par une famille d’entrepreneurs audacieux et passionnés.

C’est un reportage diffusé à l’émission La Semaine verte qui allume l’étincelle et déclenche l’aventure.

Après avoir suivi une formation pour acquérir expertise et savoir-faire, les Ladouceur, amoureux de l’Isle-aux-Coudres, partent de Saint-Jérôme en 2014 pour s’y établir en permanence avec leur rêve en poche. Ils convainquent leur fille Marie-Josée et sa famille de les accompagner pour participer au projet. Safran Charlevoix est lancé.

 

source : page FB Safran Charlevoix

 

Les défis sont nombreux, mais stimulants. Malgré les résultats peu concluants du premier essai de plantation sur le terrain de la maison familiale, les Ladouceur ne se laissent pas décourager. Ils décident de faire l’acquisition d’une terre dans le secteur de La Baleine en 2015 et d’y planter 10 000 bulbes.

La récolte, beaucoup plus fructueuse, les incite à ajouter 20 000 bulbes supplémentaires dans leurs champs. De plus, les bulbes se divisent chaque année pour produire trois nouvelles pousses. Voilà ce qu’on peut appeler une forme « naturelle » de retour sur l’investissement.

 

source : page FB Safran Charlevoix

 

En croissance l’hiver, en dormance l’été, le crocus à safran fleurit à l’automne à la faveur de nuits plus fraîches. De la cueillette au séchage, tout est fait à la main.  De longues heures d’un travail patient et minutieux.

On ramasse les précieuses fleurs dans de grands paniers, on émonde chaque pistil pour conserver les fameux filaments rouges et on met à sécher au four à température contrôlée. Cette dernière étape est particulièrement délicate, car le safran doit perdre 80 % de son poids pour devenir une épice.

 

source : FB Safran Charlevoix

 

À plus long terme, les Ladouceur espèrent avoir une plus grosse production en épice et approvisionner les restaurants, les hôtels et les tables champêtres de la région et d’ailleurs.

Pour le moment, ils veulent se distinguer avec la transformation du safran. Et les idées ne manquent pas : sirops, gelées, tartinades, confitures et plus encore. De la fleur à la bouche, vous serez agréablement surpris… et conquis. Même les pétales sont utilisés pour fabriquer des savons et autres produits cosmétiques.

 

crédit : Sylvie Dugas

 

Sur le chemin des Coudriers, du côté de Saint-Bernard, repérez la maison mauve et faites un arrêt à l’atelier boutique pour déguster des produits safranés au parfum unique, découvrir l’histoire de cette fleur extraordinaire et, surtout, rencontrer une famille de marchands d’épices vraiment sympathique.

 

Sylvie Dugas

 

Safran Charlevoix, 1168, chemin des Coudriers, Isle-aux-Coudres

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